Dichiarazione nazionale in occasione della 135ª riunione ministeriale del Consiglio d’Europa (fr)
Chișinău, 15.05.2026 — Discorso del consigliere federale Ignazio Cassis, capo del dipartimento federale degli affari esteri (DFAE) in occasione della 135ª riunione ministeriale del Consiglio d’Europa a Chisinau (Moldova) – Fa fede la versione orale
Monsieur le Président du Comité des Ministres,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences,
Le Conseil de l’Europe est né au lendemain des catastrophes du XXe siècle, avec une conviction simple : davantage de liberté, d’information et de coopération conduiraient à davantage de paix et de stabilité.
Aujourd’hui pourtant, malgré un accès presque illimité à l’information, la confusion progresse parfois plus vite que la connaissance. Le débat démocratique devient plus émotionnel, plus polarisé et plus manipulable. Nos démocraties se fragilisent, sous l’effet notamment de quatre années de guerre contre l’Ukraine.
Oui, il est nécessaire et urgent d’agir. Mais dans une démocratie, aucune solution durable ne peut être imposée d’en haut. La confiance ne se décrète pas : elle se construit dans la durée, avec les citoyens eux-mêmes.
La Suisse est convaincue qu’il nous faut un multilatéralisme plus ciblé et capable de produire des résultats visibles — non des structures qui se superposent. Il en va de la crédibilité même de nos institutions chargées de défendre la démocratie, les droits humains et l’Etat de droit.
En tant que président en exercice de l’OSCE, j’encourage une plus grande complémentarité entre nos deux organisations afin de renforcer la résilience démocratique.
Plan d’action pour l’Ukraine
Mesdames et Messieurs,
Je présente mes condoléances aux Ukrainiens et à l’Ukraine suite aux dernières attaques qui ont encore une fois tué beaucoup de civils. Ces attaques sont fermement condamnées par la Suisse.
La Suisse soutient pleinement le Plan d’action du Conseil de l’Europe pour l’Ukraine. En tant que membre du Registre des dommages et signataire de la Convention créant une commission internationale des réclamations, mon pays entend poursuivre — comme lors de la conférence du Bürgenstock en 2024 — la voie d’une paix juste et durable pour l’Ukraine.
C’est dans cet esprit que la Suisse soutient aujourd’hui l’établissement du Tribunal spécial, adressant ainsi un signal clair contre l’impunité. Notre adhésion effective interviendra sous réserve de l’approbation du Parlement.
Décisions du Conseil de l’Europe
Chers Collègues,
Nous nous félicitons du compromis trouvé en matière de migration et soutenons la Déclaration de Chisinau. Il est essentiel que nos réponses institutionnelles tiennent compte des préoccupations exprimées démocratiquement par nos citoyens.
Dans le contexte actuel de fragilité géopolitique, l’adhésion du Kosovo au Conseil de l’Europe constituerait également un signal en faveur de la stabilité du continent européen.
La Suisse porte aussi un intérêt particulier au Nouveau Pacte démocratique pour l’Europe, parce-que notre civilisation démocratique constitue une condition essentielle de notre liberté, sécurité et cohésion. Ce Pacte est une voie sérieuse dans cette direction et mérite, à ce titre, d’être approfondi rapidement.
What now ?
Excellences,
Notre responsabilité est désormais claire : restaurer la confiance démocratique.
· Cela commence dans chacun de nos Etats — même si les recettes institutionnelles varient heureusement d’un pays à l’autre.
· Nos institutions internationales doivent retrouver une culture du résultat, de la complémentarité et de la sobriété.
· Et notre diplomatie doit redevenir plus politique : moins centrée sur les procédures, davantage sur la stabilité et la cohésion de nos sociétés.
Car la résilience démocratique sera l’une des conditions essentielles de la stabilité européenne.
Je vous remercie.