Le Conseil fédéral adopte son rapport sur les conséquences de l’augmentation de l’antisémitisme en Suisse pour la politique extérieure
Berne, 13.03.2026 — Berne, le 6.3.2026 – Le Conseil fédéral a adopté le rapport en réponse au postulat 23.4340 de la Commission de politique extérieure du Conseil national (CPE-N) « Conséquences sur la politique extérieure de l’augmentation massive de l’antisémitisme en Suisse. Examen des possibilités de lutte ». Il conclut que la recrudescence observée depuis l’automne 2023 constitue un défi sérieux pour la cohésion sociale et la sécurité, mais qu’elle ne nécessite pas, à ce stade, de mesures supplémentaires spécifiques en matière de politique extérieure.
Une hausse préoccupante des incidents
Le rapport analyse l’évolution récente de l’antisémitisme en Suisse, en particulier depuis les attaques du 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza. Les données issues notamment de l’Office fédéral de la statistique ainsi que des rapports de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), de la Fondation contre le racisme et l’antisémitisme (GRA) et de la CICAD montrent une augmentation significative des incidents, en particulier dans l’espace numérique, mais également dans l’espace public.
Le Conseil fédéral souligne que cette évolution s’inscrit dans un contexte international marqué par une recrudescence comparable dans de nombreux pays européens et nord-américains.
Risques pour l’image et la politique extérieure
Le Conseil fédéral est conscient des répercussions potentielles qu’une montée de l’antisémitisme pourrait avoir sur la réputation internationale de la Suisse, notamment en sa qualité d’État dépositaire des Conventions de Genève. À ce stade, aucun élément n’indique toutefois que la Suisse fasse l’objet de critiques particulières de la part de la communauté internationale en raison de la situation sur son territoire.
Le rapport examine également les menaces d’origine extérieure, notamment la propagande djihadiste, certaines activités d’influence étatique et les réseaux extrémistes, ainsi que leur impact possible sur la situation intérieure.
Mesures nationales renforcées
Le Conseil fédéral rappelle qu’il condamne fermement toute forme d’antisémitisme. Plusieurs mesures ont déjà été mises en œuvre ou renforcées au niveau national, parmi lesquelles :
- l’adoption, en décembre 2025, de la première stratégie nationale de lutte contre le racisme et l’antisémitisme 2026-2031 ;
- le renforcement des moyens financiers destinés à la protection des minorités particulièrement menacées ;
- le soutien à la réalisation d’un mémorial national pour les victimes du national-socialisme ;
- la mise en œuvre du plan d’action national de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent 2023-2027.
- le développement du monitoring et des plateformes de signalement des discours de haine
Coopération internationale
Sur le plan international, la Suisse participe activement aux travaux de l’IHRA, de l’OSCE et de l’UNESCO. Elle s’est associée en 2025 aux « Global Guidelines for Countering Antisemitism », qui regroupent des principes reconnus pour prévenir et combattre l’antisémitisme. Dans le cadre de sa présidence de l’OSCE en 2026, la Suisse accorde une attention particulière au monitoring des incidents antisémites et à la promotion de l’éducation à la tolérance.
Continuer à prévenir et combattre l’antisémitisme
Le Conseil fédéral réaffirme sa détermination à prévenir et combattre toute forme d’antisémitisme. Il rappelle que la protection des libertés fondamentales, de la dignité humaine et de la sécurité de toutes les communautés vivant en Suisse constitue une responsabilité centrale de l’État.
Il estime que les instruments existants, aux plans national et international, sont adaptés à la situation actuelle. Tout en restant vigilant face à l’évolution de la menace, il ne juge pas nécessaire, à ce stade, de prendre des mesures supplémentaires spécifiques en matière de politique extérieure.